L’intelligence artificielle peut décrire une œuvre, répondre à une question ou générer une image. Elle peut aider à transmettre des informations. Mais elle ne peut pas remplacer l’expérience de découvrir un relief sous ses doigts, de suivre le contour d’un dessin ou de s’orienter grâce à une signalétique tactile.
Le toucher nous met directement en relation avec le monde. En explorant une forme, une matière ou une surface, nous percevons des détails que les mots ne suffisent pas toujours à faire comprendre. Cette expérience est particulièrement importante pour les personnes aveugles ou malvoyantes, mais elle peut aussi enrichir la visite de chacun.

Donner forme à l’exploration
Dans un musée, une image en relief permet de découvrir une composition autrement qu’avec les yeux. Un dessin tactile peut rendre accessibles les grandes lignes d’une œuvre, d’un bâtiment ou d’un objet. Une signalétique tactile peut aider à repérer un espace et à s’y déplacer avec davantage d’autonomie.
Ces supports demandent une réflexion attentive : quelles formes faut-il représenter ? Quels détails sont utiles à explorer ? Comment organiser les informations pour qu’elles soient compréhensibles sous les doigts ? Leur conception ne consiste pas simplement à transformer une image en relief. Elle suppose de penser à l’expérience de la personne qui va la découvrir.
C’est là que mon travail prend tout son sens. J’accompagne les musées et les organisations culturelles dans la création d’expériences accessibles, notamment grâce aux dessins en relief, aux supports tactiles et à la signalétique. L’objectif est de proposer des outils adaptés aux lieux, aux contenus et aux personnes qui les utilisent.
La technologie peut aider, mais le contact reste essentiel
Des outils numériques peuvent compléter une expérience tactile : une description audio peut apporter du contexte, et des ressources en ligne peuvent préparer ou prolonger une visite. L’intelligence artificielle peut aussi contribuer à certaines étapes de recherche ou de rédaction.
Mais une description ne donne pas la sensation d’une forme. Une image affichée sur un écran ne permet pas de suivre ses contours avec les doigts. Pour créer une véritable expérience tactile, il faut concevoir des supports que l’on peut explorer physiquement, puis les intégrer à un parcours de visite réfléchi.
L’IA peut parler du toucher. Elle ne remplace ni la rencontre avec une matière, ni le geste d’exploration, ni le travail nécessaire pour rendre un contenu compréhensible au toucher.
Concevoir des lieux que l’on peut aussi découvrir avec les mains
Rendre une exposition accessible ne se résume pas à ajouter un dispositif isolé. Il s’agit de penser la visite dans son ensemble : les œuvres, les espaces, les informations et les différentes façons de les découvrir. Les supports tactiles peuvent y jouer un rôle important, à condition d’être conçus en fonction des besoins des visiteurs et des objectifs du lieu.
L’intelligence artificielle évoluera encore. Les outils numériques auront leur place dans les musées. Mais les expériences tactiles resteront irremplaçables pour toutes les personnes qui ont besoin ou envie de découvrir le monde par le toucher.
Je conçois des expériences tactiles qui permettent d’explorer autrement les œuvres et les lieux : dessins en relief, supports à toucher et signalétique tactile. Parce qu’un musée accessible est aussi un musée que l’on peut découvrir avec les mains.
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