
Trouver la salle de réunion du 3e étage, repérer la sortie de secours la plus proche, identifier la porte de son bureau : autant de gestes anodins pour la plupart d’entre nous, mais de véritables défis lorsqu’on est déficient visuel. C’est pour lever ces obstacles du quotidien que j’ai mené, avec Enedis, un projet d’accessibilité des locaux de son site de Lyon.
Rendre un bâtiment lisible pour tous
L’accessibilité, on l’associe spontanément à l’accès physique — rampes, ascenseurs, portes automatiques. Mais une fois entré dans le bâtiment, encore faut-il pouvoir s’y orienter de façon autonome. C’est tout l’enjeu de la signalétique adaptée.
Pour le site lyonnais d’Enedis, l’objectif était clair : permettre à chaque personne, voyante ou non, de se déplacer, de se repérer et de comprendre l’espace sans dépendre de l’aide d’un tiers. Un enjeu d’autonomie, de sécurité, et tout simplement de dignité au travail.
Le bigraphisme : deux lectures sur un même support
La réponse retenue repose sur le bigraphisme : la combinaison, sur un même support, d’une information visuelle (couleurs, contrastes, gros caractères) et d’une information tactile (braille et reliefs).
L’intérêt de cette double approche est de ne laisser personne de côté :
- les personnes malvoyantes s’appuient sur les contrastes forts, les couleurs codifiées et les caractères agrandis ;
- les personnes non-voyantes lisent le braille et explorent les reliefs du bout des doigts ;
- les personnes voyantes bénéficient, elles aussi, d’une signalétique plus claire et plus intuitive.
Un bon support accessible n’est jamais un support « en plus » réservé à quelques-uns : c’est un support qui fonctionne mieux pour tout le monde.
Ce qui a été réalisé
Le projet a couvert l’ensemble du bâtiment, sur ses cinq étages, avec deux grandes familles de supports.
Les plans d’étage adaptés. Pour chacun des cinq niveaux, un plan a été conçu en bigraphisme afin de donner une vision claire de l’espace :
- les salles de travail et de réunion ;
- les espaces de pause et de restauration ;
- les éléments de sécurité (issues de secours, points de rassemblement, équipements) ;
- les axes de déambulation et de circulation.
Chaque plan a été pensé pour la lecture tactile : hiérarchisation de l’information, simplification du tracé sans perte de sens, légende claire, repères cohérents d’un étage à l’autre.
Les étiquettes de porte. Chaque porte a reçu une signalétique combinant texte en gros caractères contrastés et braille, pour identifier sans hésitation bureaux, salles et locaux techniques.
Pourquoi cela compte
Au-delà de la conformité réglementaire, un tel projet porte une conviction : l’inclusion se joue dans les détails du quotidien. Pouvoir rejoindre seul une salle de réunion, savoir où se diriger en cas d’alerte, retrouver son bureau sans demander son chemin — ce sont ces petites victoires d’autonomie qui font la différence entre subir un espace et l’habiter pleinement.
Pour une entreprise, c’est aussi une façon concrète d’incarner sa politique d’inclusion et d’accueillir, dans les meilleures conditions, des collaborateurs comme des visiteurs en situation de handicap.
Et chez vous ?
Ce travail avec Enedis illustre une approche que je défends au quotidien chez AlterDV : une accessibilité rigoureuse, sur mesure et pensée pour l’usage réel.
Vous gérez un site, des bureaux, un établissement recevant du public ? Si la question de la signalétique accessible et du bigraphisme vous concerne, parlons-en : chaque bâtiment a sa logique, et chaque solution mérite d’être adaptée à ses usagers.
Yann — AlterDV Transcription et adaptation de contenus pour les publics empêchés de lire : braille, gros caractères, bigraphisme, dessins en relief, FALC, CAA
